David Hockney alla Royal Academy di Londra

domenica, gennaio 22nd, 2012

David Hockney conquista la Royal Academy di Londra, grande expo con grandiose tele che celebrano la natura. Accanto a Piccadilly, fino ad aprile, la mostra è stata appena aperta. Libération dice che ne vale la pena:
Critique | 21 janvier 2012
David Hockney, fondu de paysages
Par VINCENT NOCE Envoyé spécial à Londres

Arts. A Londres, la Royal Academy ouvre ses salles aux dernières expérimentations picturales de la star britannique. Une ode à la nature en grands formats colorés.
Comment Monet se serait-il débrouillé avec un iPad ? David Hockney a arpenté la campagne anglaise avec cette question en tête, depuis sept ans qu’il a quitté Los Angeles, où il avait connu la gloire comme compagnon du pop art. Pour la seconde fois seulement de son histoire – après Anish Kapoor il y a deux ans -, la Royal Academy ouvre ce samedi, pour deux mois et demi, toutes ses salles à l’artiste britannique.
Tout à l’opposé de l’hyperbole phallique du sculpteur originaire de Bombay, il y a ici de la peinture, de la figuration, une musique en sourdine. Réfutant l’hommage que lui propose cette institution nationale, à l’âge avancé de 74 ans, l’artiste présente ses derniers travaux expérimentaux dans le Yorkshire. Il a voulu afficher des compositions monumentales, retrouvant, dit-il, une énergie insoupçonnée dans le vaste atelier qu’il occupe à Bridlington. Il avait déjà occupé, il y a quatre ans, un mur entier de l’Academy, pour une œuvre intitulée Bigger Trees Near Warter, qu’il a donnée à la Tate. Il veut tout «énorme». «J’ai le sentiment que, pour faire passer l’importance du message, il faut de grandes œuvres», a-t-il confié au critique d’art Martin Gayford (1).
Ainsi rajeuni, il entend bien se détacher d’une image d’illustrateur et de décorateur un peu facile, s’affichant en artiste savant, assumant pleinement sa confrontation avec les maîtres anciens. Sans compter Picasso, toujours sensible en bruit de fond, tous les peintres français et anglais du paysage défilent dans ses reprises, ses emprunts, ses contradictions, également.
Comme Constable, revenu lui aussi à la campagne anglaise à la fin de ses jours, Hockney effectue un véritable retour à la nature. Tout tient dans un ciel, un bois, une végétation indistincte, séparés en deux par un chemin, des bandes de bleu, de vert, de rouge, d’orange, de violet. Des effluves printaniers, peu de vues hivernales ou même estivales. En rupture avec ses paysages californiens, nulle âme qui vive. La gaîté des couleurs, contredite par l’absence humaine radicale, rend la répétition d’autant plus inquiétante. Les paysages sont d’une pureté irréelle. Surtout pas de maison, même pas de ligne électrique ; tout juste, une fois, quelques traces de pneus, seules preuves d’un passage. Une petite figure au milieu des blés fait (inconsciemment ?) l’effet d’une jeune fille en ombre. En fait, c’est un arbuste, qu’il est facile de retrouver dans les autres vues du même endroit, réparties entre les quatre saisons.
impressionnisme. Car, comme Monet – contraint à l’immobilité après une terrible expédition dans la Creuse -, Hockney ne cesse de travailler le même motif en des temps différents. Dès l’aube, à moins d’être trop fatigué, il part dessiner ou peindre, photographier ou filmer, en pleine nature. Et, comme le fondateur de l’impressionnisme, il fait des allers-retours avec l’atelier, dans lequel il est amené au fil des ans à travailler de plus en plus, en faisant appel aux photos ou à sa mémoire.
C’est dans ce dernier cas, quand l’imagination vient démentir un naturalisme feint, qu’il émeut le plus. Quand ses buissons deviennent chenilles extraterrestres, ou qu’une souche est posée en totem. Ayant multiplié les études d’un vieux chêne, Monet avait été affolé en le voyant verdir. Il avait payé un paysan pour l’effeuiller. Plus tard, il était intervenu afin d’empêcher la coupe d’une allée de peupliers qu’il peignait le long de la Seine. Cette impasse l’a conduit à aborder la nature autrement. Hockney, lui, n’a pas manqué de reproduire l’arbre décapité. Il a aussi (re)peint le souffle du vent dans les blés de Van Gogh, ou ses sous-bois en bord de chemin, ajoutant des empâtements, inhabituels chez lui, pour renforcer sa citation.
Il a réalisé un cycle autour du Sermon sur la montagne (1656), de Claude le Lorrain, reléguant le sacré pour se consacrer à la théâtralité de la nature. Turner avait demandé que certaines de ses toiles soient accrochées à la Tate, après sa mort, à côté de celles du Lorrain, qu’il admirait par-dessus tout.
Passionné par les effets d’optique dans la tradition picturale, l’artiste est très conscient d’une perception visuelle aiguë, qui lui permet de garder à l’esprit des images échappant au commun des mortels. Impression qu’il décrit comme «une de [ses] joies les plus intenses». La surdité qui le gagne depuis une quarantaine d’années n’a fait, pense-t-il, que «renforcer la clarté de [sa] vision de l’espace». Sur la Côte Ouest, il avait commencé à adjoindre quelques toiles pour en percevoir l’effet. Il a fait pareil avec des photographies. Ces collages sont devenus monumentaux.
Montée avec le critique américain et vieux complice Marco Livingstone, l’exposition cherche à immerger le spectateur dans ces vues. Elle reprend les passages grandioses des années 80 dans le Grand Canyon. Une fournaise infernale, composée de 60 toiles. Le site renvoyait au fracas de Wagner, au sublime de Turner. La campagne anglaise, c’est plutôt Satie ou Corot, avec la technique du douanier Rousseau. Posant le paysage en trois ou quatre bandes horizontales, aplatissant les formes, jouant des déformations si bien que les champs se transforment en rouleaux de paille, il partage sa composition en bulles de couleurs qui explosent à la surface.
Lorsqu’il réunit plusieurs tableaux, un décalage s’introduit d’un rectangle à l’autre, troublant le spectateur. Hockney a usé de la photocopie, du fax, du Polaroid, du jet d’encre, et maintenant du numérique, qui, à ses yeux, annonce la mort de la photographie. Il a réalisé des vidéos, avec plusieurs caméras accrochées à une Jeep, dont il projette les images sur écrans multiples, décomposant la forêt en danse cubiste. Il rejoue ainsi son refrain : déconstruire la perspective observée depuis la Renaissance, «qui fixe le spectateur sur un point de fuite», ce qu’il définit comme «une des plus grandes erreurs de l’Occident». Renouer avec l’art chinois ou japonais, les vagues de Proust… Comment voir une cathédrale sans en faire le tour ? Voilà ce que la photo ne peut réaliser et que la peinture, seule, peut rendre : évoquer l’espace en simplifiant les moyens. Il affirme un parangon de la modernité : démontrer la supériorité de la peinture sur toutes ces reproductions faussées de la réalité. Hockney regrette que les élèves des beaux-arts n’aient plus la formation classique qui lui a été donnée à l’école de Bradford.
Dextérité. Dessinateur de talent, il trace dans ses carnets des croquis au fusain. Depuis peu, il se livre au même exercice, avec son pouce, sur un iPad. Tous les jours, il pouvait ainsi envoyer un bouquet de fleurs à des amis. Il peut aussi travailler au lit, comme Manet se mettant à la nature morte quand il était emporté par la paralysie. L’an passé, la Fondation Saint Laurent-Pierre Bergé en a exposé une série à Paris. Pour la Royal Academy, ces couleurs translucides ont été reportées sur de grands formats. Afin de restreindre la perte de définition, Hockney est allé voir en Californie l’auteur de l’application, qui a été éberlué de sa dextérité, raconte Marco Livingstone. Le résultat n’atteint pas la poésie de ses huiles, mais cette confrontation est émouvante.
Chaque aube, Monet guettait l’ouverture de ses nénuphars. Hockney, lui, court après la floraison de l’aubépine, qui naît la nuit, au printemps, pour disparaître à la moindre averse. Il a visité la fin de l’accrochage partiellement en chaise roulante, intéressé de voir ses productions assis, d’un autre point de vue. Il est le voyageur du regard.
(1) Cité dans «A Bigger Message», éditions Thames & Hudson.
David Hockney A Bigger Picture Royal Academy of Arts, Burlington House, Piccadilly, Londres. Du 21 janvier au 9 avril. Rens. : www.royalacademy.org.uk

Qui sotto Hockney davanti a un quadro esposto:

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