Rinviata di nuovo la flagellazione del blogger saudita Raif Badawi “reo” di aver discusso della fede nel suo blog

venerdì, gennaio 30th, 2015

Rinviata per la seconda volta la flagellazione del blogger saudita Raif Badawi. L’articolo di Libération (nella foto una manifestazione a Ottawa, in Canada, con la moglie di Badawi al centro)

La séance de flagellation d’un blogueur saoudien reportée pour la troisième fois

GABRIEL PORNET 30 JANVIER 2015 À 17:03 Libération

Raef Badaoui a été condamné à mille coups de fouet pour avoir défendu la liberté d’expression sur son site Internet.

«La terreur que je ressens lorsque je pense à la prochaine série de coups de fouet, et à mon mari en prison, est indescriptible.» Réfugiée au Canada, Ensaf Haidar, la femme de Raef Badaoui, est à la pointe de la mobilisation pour soutenir son mari. Ce blogueur saoudien de 31 ans, emprisonné depuis 2012, a été condamné en 2014 à mille coups de fouet et dix ans de prison pour avoir «insulté» l’islam. Son avocat, Waleed Abu al-Khair, a quant à lui été condamné à quinze ans de prison.

Raef Badaoui défendait la liberté d’expression sur son site, le Liberal Saudi Network, aujourd’hui fermé. Il devait recevoir cinquante coups de fouet en public, chaque semaine, pendant vingt semaines. La première séance a eu lieu le 9 janvier. Les deux suivantes avaient été reportées pour des raisons médicales. Pour la troisième fois consécutive, selon Amnesty International, la séance de flagellation qui devait se tenir vendredi 30 janvier n’a pas eu lieu.

«Cette fois-ci, il n’a pas été examiné par des médecins. On ne sait donc pas encore les raisons officielles de ce report, explique Nina Walch, coordinatrice Crise et réactivité pour Amnesty International France, contactée par Libération. C’est peut-être grâce à la mobilisation, mais aussi à cause de la mort du roi Abdallah. Comme le monde est focalisé sur l’Arabie Saoudite, ils n’ont pas besoin de mauvaise publicité.»

L’HYPOCRISIE DE LA FRANCE

La pétition lancée par Amnesty a déjà rassemblé un million de signatures, dont 100 000 venant de France. Ce n’est pas la seule organisation à se mobiliser.Reporters sans frontières et Human Rights Watch, notamment, organisent aussi des actions. Pour Nina Walch, une s’agit d’un mouvement «sans précédent». Selon elle, c’est le contexte qui explique ce phénomène: «Cette flagellation a été un choc. Tout d’abord, grâce à la famille de Raef, on a pu raconter une histoire et mettre un visage sur ce nom. D’autre part, les attaques contre Charlie Hebdo, le thème de la liberté d’expression, l’hypocrisie de la communauté internationale et l’invitation de l’Arabie Saoudite au défilé parisien du 11 janvier ont marqué l’opinion.»

L’Arabie Saoudite, régime wahabbite, monarchie absolue dans laquelle la législation est fondée sur la charia, est régulièrement dénoncée par les ONG pour ses atteintes aux droits humains. Pourtant, ce très riche pays du Golfe, alimenté par les revenus du pétrole, constitue un important allié pour les puissances occidentales, tant sur le plan économique que militaire.

Il y a peu, François Hollande a «salué la mémoire» du roi Abdallah, mort d’une pneumonie à près de 90 ans et remplacé par le prince Salmane. «Un homme d’Etat dont l’action a profondément marqué l’histoire de son pays et dont la vision d’une paix juste et durable au Moyen-Orient reste plus que jamais d’actualité», selon le président français. Pourtant, d’après les ONG, la situation des droits humains s’est dégradée sous son règne. «Les gouvernements américain, canadien, allemand, italien, néerlandais et norvégien ont condamné la flagellation de Raef Badaoui. La France a dit qu’elle était “préoccupée”. C’est trop timide. On attend autre chose», poursuit Nina Walch.

CONSÉQUENCES PHYSIQUES ET PSYCHOLOGIQUES

Les conséquences des sévices infligés à Raef Badaoui sont nombreuses. Pour Amnesty, le fait d’annuler au dernier moment les séances de flagellation constitue en soi une forme de torture psychologique. L’état de santé du prisonnier est «très préoccupant» selon l’ONG. L’organisation a commandé un rapport à l’associationFreedom from torture. Publié jeudi 29 janvier, il détaille l’impact médical de la flagellation. «Lorsque la baguette frappe, le sang est chassé des tissus situés sous lapeau, explique la docteure Juliette Cohen. […] Les lésions causées aux petits vaisseaux sanguins et cellules individuelles provoquent un écoulement de sang et de liquide tissulaire à l’intérieur de la peau et des tissus sous-jacents, ce qui augmente la tension dans ces zones.»

Selon Amnesty, des châtiments tels que la lapidation et les amputations demeurent légaux et sont appliqués régulièrement en Arabie Saoudite. La flagellation est «infligée par les tribunaux et appliquée à titre de peine principale ou complémentaire. Plus de 100 hommes et femmes ont été condamnés en 2012 à cette punition.» Depuis  février 2013, une loi «antiterroriste», promulguée dans le royaume, durcit la répression contre les défenseurs de la liberté d’expression. «Des manifestations pacifiques peuvent être sanctionnées, explique Nina Walch. Lorsqu’une personne est arrêtée, ils peuvent la détenir pendant 90 jours, sans aucun contact avec le monde extérieur, sans avocat. Pendant cette période, la torture est pratiquée.» L’ONG veut organiser de nouveaux rassemblements pour demander la libération de Raef Badaoui et l’arrêt immédiat des flagellations.

Gabriel PORNET

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