Documentario di un giornalista cinese sull’inquinamento e sull’impotenza del governo: 155 milioni di visioni in poche ore

martedì, marzo 3rd, 2015

Finalmente una scossa nel regime cinese che sta perpetrando un degrado ambientale senza precedenti per milioni di cittadini: il giornalista Chai Jing ha messo in circolazione un documentario sugli effetti del micidiale smog sulla salute. In poche ore ha avuto 155 milioni di visioni, secondo South China Morning Post. L’articolo del corrispondente di Libération«Sous le dôme», le film sur la pollution qui secoue la Chine

CHARLES VALLY (DE NOTRE CORRESPONDANT EN CHINE) 3 MARS 2015 À 16:51

RÉCIT

Le film documentaire s’intéresse aux effets du smog sur la santé et dénonce l’impuissance du ministère de l’Environnement.

C’est un événement sans précédent qui s’est produit ce week-end en Chine. Un documentaire sur la pollution atmosphérique, présenté par la célèbre journaliste Chai Jing, s’est propagé sur les réseaux sociaux chinois, et tout le monde en parle depuis, de l’infirmière au chauffeur de taxi en passant par les voisins dans l’ascenseur. Un film qui s’intéresse aux effets du smog sur la santé et dénonce l’impuissance du ministère de l’Environnement, mais incite également le spectateur-citoyen à agir. Le premier jour, le film a été visionné 155 millions de fois, selon le South China Morning Post.

HUMOUR ET TACT

Chai Jing, 39 ans, a longtemps travaillé pour CCTV, la télévision nationale. En 2013, elle a donné le jour aux Etats-Unis à une petite fille atteinte d’une tumeur qu’il a fallu opérer dès la naissance. A l’époque, ce choix d’accoucher à l’étranger avait d’ailleurs déclenché une vague de critiques, certains accusant la jeune maman d’être une mauvaise patriote.

Le film de plus de deux heures s’appelle Sous le dôme. Un dôme qui renferme des gaz toxiques et recouvre toute le Nord de la Chine. En fait, il s’agit d’une mise en abyme, puisqu’il présente Chai Jing sur scène, montrant son film à un parterre de spectateurs, souvent jeunes.

La journaliste prend pour point de départ la tumeur de sa fille, et s’interroge sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé. Patiemment, avec humour et tact, Chai Jing entreprend de répondre à trois questions. Qu’est-ce que le smog? D’où vient-il? Et que devons-nous faire? Elle s’appuie sur des graphiques, des témoignages, des interviews, des images, même un dessin animé.

«JE N’OSE PAS OUVRIR LA BOUCHE»

Si le problème fondamental n’est pas nouveau, Chai Jing met en lumière comme jamais auparavant les responsabilités de chacun. A commencer par les entreprises d’État des secteurs du charbon et du pétrole. Elle montre notamment comment l’Etat se plie devant celles-ci quand il s’agit de fixer des normes de raffinage. La journaliste souligne aussi l’impuissance du ministère de l’Environnement, avec un fonctionnaire qui avoue devant la caméra: «Je n’ose pas ouvrir la bouche, parce qu’on verrait que je n’ai pas de dents!»

Chai Jing s’attaque aux aciéries, qui engloutissent des subsides de l’Etat sans générer de profit, essentiellement pour maintenir des emplois. Mais elle pose également des questions au spectateur qui prend sa voiture pour quelques centaines de mètres et se gare sur la piste cyclable, scène des plus banales aujourd’hui. Finalement, elle l’incite à assumer son rôle de citoyen et à agir. Cela consiste à intervenir directement quand des violations des lois sont constatées, ou à signaler les violations à un numéro vert ad hoc.

RÉVEIL CIVIQUE

Le film suscite bien entendu des questions. Sa sortie à quelques jours de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, le parlement qui se réunit une fois par an, ne doit assurément rien au hasard. Et dans un pays où les médias sont strictement contrôlés, un tel succès est impensable sans de sérieux appuis en haut lieu. Le très officiel Quotidien du Peuple a même posté la vidéo sur son site. Enfin le nouveau ministre de l’Environnement Chen Jining s’est empressé de féliciter Chai Jing.

Par ailleurs le Président Xi Jinping a d’ores et déjà fait part de son intention de réformer le secteur des entreprises d’État. Des réformes assurément difficiles à imposer tant les implications sont lourdes. Jusqu’ici, la plus grosse victime de la campagne anticorruption est Zhou Yongkang, ancien numéro un de la China National Petroleum Corporation, entreprise plusieurs fois citée dans le documentaire.

Si le film apparaît donc utile pour le pouvoir, il n’est pas pour autant une commande, car la journaliste l’a financé de sa propre poche, y consacrant 1 million de yuans (environ 143000 euros). Un gage de crédibilité imparable aux yeux d’un public chinois peu habitué à voir ses dirigeants prêcher par l’exemple.

Sous le dôme, plutôt que donner des réponses, pose surtout des questions, destinées à nourrir un débat trop souvent inexistant étant donné de l’absence de droits politiques. «Les lois de protection de l’environnement existent, faisons les appliquer», tel est le message de Chai Jing, qui lance un appel au réveil civique. Ce week-end, quelque chose a changé en Chine.

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